L’art à la carte

La carte n’a jamais été qu’un simple outil pour se repérer. Elle a aussi servi à rêver, à mentir parfois. Ce dossier raconte les sirènes et les dragons dessinés par les cartographes anciens, le pouvoir politique des frontières tracées à Berlin en 1884, et les artistes qui détournent aujourd’hui les atlas pour y cacher des visages ou des révoltes. Pour ne plus regarder les cartes de la même façon.
(pages 52 à 80)

Enki Bilal

Pour lui, snober la bande dessinée, c’est une hérésie. Le dessinateur devenu peintre et cinéaste vient d’ouvrir son propre lieu à Paris, le Fonds Enki Bilal. Il y raconte pourquoi le bleu colore son œuvre depuis les années 1990, ses films tournés avec Alain Resnais, et pourquoi le dessin reste, selon lui, l’art le plus pur. Benoit Gaboriaud l’a rencontré, Bertrand Rieger l’a photographié. Un entretien à lire sans détour.
(pages 46 à 51)

Biennale de Venise #61, toujours « le » rendez-vous mondial de l’art contemporain !

La politique a failli avaler la Biennale de Venise 2026. Réouverture du pavillon russe, maintien du pavillon israélien, démission du jury international en protestation, manifestations pro-palestiniennes, actions de Pussy Riot et Femen : son propre président, Pietrangelo Buttafuoco, parle d’« un laboratoire d’intolérance ». Emmanuel Daydé raconte comment l’art a quand même tenu, loin des logiques de guerre. Une 61e édition à lire comme un signal d’alarme.
(pages 82 à 85)

Coup de foudre pour Nick Brandt

Il y a ceux qui n’ont presque rien pollué. Et qui en paient pourtant le prix fort. Depuis 2020, ce photographe anglais parcourt le Zimbabwe, le Kenya, la Bolivie, les Fidji et la Jordanie pour montrer cette injustice climatique. Humains et animaux y posent côte à côte, à égalité face à la même menace, dans des mises en scène d’une grande force visuelle. Barbara Tissier raconte cette série rare.
(pages 4 à 11)

Le CAHIER PRO

L’art déborde, et c’est tant mieux. Cet été, le Cahier pro d’Artension vous emmène hors des salles d’exposition : Direction la guinguette où Renoir peignait, un squat parisien devenu institution qui fête ses 10 ans, une maison toscane du XIIIe siècle où des artistes créent sans contrepartie, et un autodidacte devenu la voix la plus suivie de la médiation artistique.
+ 9 bons plans pour artistes !
(pages 119 à 126)

Histoire de…

Ciléne Andréhn et Marina Schiptjenko, virées ensemble d’une galerie à Stockholm, ont fondé la leur sans jamais dire « galerie ». Albert Loeb, fils du marchand de Miró, a fait don avec Sonia Loeb de plus de 100 masques rituels maliens au musée des Confluences. À Aubervilliers, Amélie Mourgue d’Algue et Sarina Basta animent un lieu hybride au service du lien entre habitants de langues différentes.
(pages 14 à 22)

Artension aime…

Joseph Barbiero a commencé à sculpter la pierre d’Auvergne à 74 ans. Raphaëlle Benzimra peint des saints et des boxeurs avec la même ferveur. Justine Émard entraîne ses propres intelligences artificielles pour créer des chimères. François Malingrëy peuple ses toiles de personnages troublants, devenus automates. Marc Petit installe 80 sculptures fragiles dans sa ville natale, Cahors. Diana Quinby dessine son corps depuis vingt ans.
(Pages 28 à 44)

257 expos…

Parmi les 257 (!) expositions de ce numéro, on craque pour les dessins muraux d’Ernest Pignon-Ernest, collés à Carpentras et à Martigues, et pour les sculptures en béton mi-cactus mi-tatou d’Aude Ambroggi à Bruxelles. Côté histoire, l’expo du Louvre consacrée à Martin Schongauer, graveur alsacien du XVe siècle dont l’influence a traversé deux siècles, vaut clairement le détour. De quoi bien remplir un été !
(Pages 86 à 102)