Femme, Art, Liberté

Impossible d’échapper aux artistes femmes cet été, du Grand Palais aux galeries de province. Mouvement de fond ou simple effet de mode ? Nos dix journalistes ont creusé jusqu’aux chiffres qui dérangent : 6,6 % seulement des artistes répertoriées dans la base Joconde sont des femmes, 9 % seulement de la valeur des ventes aux enchères. Le pouvoir a changé de mains. Le marché, lui, résiste.
(pages 50 à 71)

Sheila Hicks

Sheila Hicks a 92 ans et aucune envie de ressasser son passé. Reçue par Barbara Tissier dans sa cour parisienne, elle parle de son art : ni « Fiber Art » ni « art féminin », juste de l’art, entre minuscules « minimes » et sculptures monumentales où couleur et texture se répondent. Actualité : Guggenheim Abu Dhabi, palais des Beaux-Arts de Lille, sac Dior revisité. Photographies de Bertrand Rieger.
(pages 44 à 49)

Le grand réveil des muséums d’histoire naturelle en France… avec l’art actuel comme partenaire

Nos sociétés ne perçoivent plus ce qui se joue dans la nature, selon Gilles Bloch, président du Muséum d’histoire naturelle. Pour ses 400 ans, l’institution répond par l’art : Giacometti, Dalí et le Douanier Rousseau y côtoient les artistes d’aujourd’hui. Strasbourg suit la même voie, croisant zoologie et art contemporain. Marie Girault a mené l’enquête. Rendez-vous dès le 23 septembre pour juger sur pièces.
(pages 72 à 75)

Coup de foudre pour Adèle Bessy

Deux prénoms, deux peintres, une même femme. Geneviève Mabillot croque avec tendresse ses contemporains, jusqu’à déguiser Chirac et Sarkozy en enfants. En 1982, à la mort de sa mère, elle reprend son prénom et son nom : Adèle Bessy est née. Bruno Montpied raconte cette double vue, presque médiumnique, où les visages du passé ressurgissent, comme on lit dans les nuages.
(pages 4 à 11)

Le CAHIER PRO

Exposer, est-ce toujours trahir ? Ce numéro explore la question sous quatre angles : les musées qui confient le commissariat aux peuples autochtones concernés, le centre d’art Large qui doit raconter les grèves ouvrières de Renault sans les édulcorer, le château de La Roche-Guyon qui multiplie les résidences d’artistes, et Bruges qui associe intelligence artificielle et patrimoine médiéval.
+ 12 bons plans pour artistes !
(pages 106 à 110)

Histoire de…

Deux anciens de Drouot devenus galeristes complices, Hervé Loevenbruck et Stéphane Corréard, réunissent des artistes oubliés. La collectionneuse Viviane Esders cherche un toit pour ses 2 500 photographies. La Maison des Artistes organise les Journées Nationales des Artistes pour sortir les plasticiens de l’ombre. Et le Salon d’Automne, 123 ans, se réinvente place de la Concorde avec 1 000 artistes.
(pages 14 à 20)

Artension aime…

Lucien Pouëdras repeint la Bretagne rurale disparue. Tilda Lovi sculpte des stèles énigmatiques. SMITH s’implante un fragment de météorite pour effacer les frontières entre les genres. Pierre et Florent racontent des vies par les objets, d’Oradour-sur-Glane à la Camargue. Florian Krewer peint les quartiers populaires du Bronx, entre étreinte et violence. Joël Andrianomearisoa tisse des mémoires noires, finaliste du prix Marcel-Duchamp.
(Pages 26 à 42)

160 expos…

Parmi les 160 expositions (!) de ce numéro, trois rétrospectives réunissent Jasper Johns à Bilbao, Frank Stella à Saint-Étienne et Ellsworth Kelly à Saint-Paul-de-Vence, pour les 250 ans de l’indépendance américaine. À Cherbourg, Cassel et Rodez, le diable change de visage depuis deux siècles. Et à Versailles, la plus grande rétrospective consacrée en France depuis 40 ans à Leonardo Cremonini, peintre disparu en 2010.
(Pages 76 à 92)